Appel à un changement de paradigme pour l’Autisme en France

L’autisme est une condition neuro-développementale, ce qui suppose un traitement de l’information différent par  le cerveau  de la personne autiste et ce, selon des capacités spécifiques de systématisation.

Nous affirmons qu’il s’agit d’une « condition » et non d’une maladie. On naît avec autisme et on meurt avec. La science nous prouve, avec des faits incontestables, l’origine génétique et une configuration cérébrale différente  (Grandin, 2014)

Dès lors, il ne s’agit nullement d’un « trouble de l’attachement »  (comme la psychanalyse le dit encore); il ne s’agit aucunement de ce qui aurait été mal fait avant, pendant ou après la naissance de la personne autiste.

Il ne s’agit pas non plus de handicap en soi (Baron-Cohen 2013).  Le cerveau de la personne autiste a une grande capacité à systématiser l’information, c’est-à-dire à chercher des constantes, des patrons, des règles et à cela s’ajoute une capacité d’hyperfocalisation sur un centre d’intérêt bien précis, ainsi qu’une excellente mémoire. En somme, il s’agit là des conditions requises pour devenir un expert dans un domaine donné.

Nous parlons bien de talent.

Sans les gènes de l’autisme, sans la capacité à hyper-systématiser, l’être humain aurait disparu où en serait encore à des époques très primitives de son développement. Demandez-vous pourquoi dans la Sillicon Valley le taux de naissance des autistes est de 10 % ; parce que les ingénieurs et programmateurs qui y travaillent sont pour la plupart  Autistes/ Aspergers.

La difficulté, pour ainsi dire, concerne l’empathie et le difficile décodage de l’information dans le cadre des relations sociales. Non pas l’empathie affective mais l’empathie cognitive : le fait de reconnaître et de décoder les gestes, les signes associés aux émotions.

Donc, c’est une difficulté à décoder notre monde,  ses conventions, cette façon qui est la nôtre de concevoir l’empathie,  neurotypique.

Et c’est en cela malheureusement que nous voulons voir le handicap, alors que le problème vient de nous, et non l’inverse.

Si vous allez en Chine, sans rien connaître ni de la langue ni  de la culture et des coutumes  de ce pays, vous aurez très certainement : 1/ des problèmes de communication, 2/ des difficultés à établir des relations sociales, 3/ vos  intérêts se limiteront dès lors à ce que vous êtes en mesure de comprendre et vous aurez des difficultés à vous mettre à la place de l’autre et à comprendre les intentions d’autrui.

Une personne autiste est en fait  une personne vivant dans une culture différente à la sienne et sans avoir accès aux codes qui la rendraient opérante et cela jusqu’à ce quelqu’un veuille bien les lui transmettre, les lui expliquer. Comment peut-elle vivre dans notre monde ? En lui offrant la connaissance du fonctionnement social neurotypique, sans regret ni pitié. En fait, il n’y a rien qui doive être soigné, aucun paternalisme n’est nécessaire. Par contre il est necessaire de connaître sa culture et de l’ aider à comprendre la nôtre.

Il ne s’agit dès lors plus d’inclusion mais du vivre ensemble, c’est de neurodiversité dont il s’agit, de personnes différentes, avec des configurations cérébrales différentes qui perçoivent et analysent le monde de façon différente, enrichissant ainsi la condition humaine.

Voilà ce que la  France doit prendre en compte : ce n’est ni une maladie, ni un handicap, il ne s’agit pas d’inclure les personnes autistes. L’autisme est une condition, une douance spécifique, et il s’agit dès lors de favoriser le vivre ensemble dans le respect des différences de chacun.

Celui qui affirme le contraire ment , tels « les faux prophètes de l’autisme » comme les nomme le Dr Offit, telle la psychanalyse tout entière.

Ernesto Reaño

Psychologue clinicien

Linguiste

www. eita.pe

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